lundi, juin 11, 2007

Le questionnaire de Procuste





Ne sachant trop comment un introduire un tel sujet qui m’a été suggéré par un blogofrère (oui sur la même base que confrère), j’ai pensé d’abord à taper bêtement « quatre » dans le moteur de recherche d’images Google, et ô combien ne fus-je pas déçu ! Presque autant qu’avec le terme anglais « four », et encore plus qu’avec « cube », sans oublier qu’un cube comprend six faces. Décidément, cela ne le fit pas. C’est alors que je pensais à la forme d’une pyramide dont quatre faces seulement sont visibles, et deux simultanément. Essayant tant bien que mal d’extraire de BrainDamage quelque chose d’intelligent sur un propos qui ne l’est pas, j’ai soudain vu les faces visibles d’une pyramide comme les deux pages d’un livre ouvert ; l’essentiel est ailleurs, au-dedans. Quel plus bel ouvrage alors que la Pyramide du Louvre transparente comme les plus belles pages des éditions françaises, diaphane tel un écrit, laissant paraitre la structure complète de l’architecture, dévoilant un œuvre filigranée, pour représenter cela ? Le Louvre étant un haut lieu de la culture universelle, l’image me parut, somme toute, appropriée.

Dans l’ordre, mes quatre premières lectures furent :

Le vieil homme et la mer, de Hemingway ; L’autre, d'Andrée Chédid ; La neige en deuil, de Henry Troyat ; ça sentait la gauche à plein nez, des livres déprimants bourrés d’affects et d’humanité. Ruy Blas, de Hugo. Selon certains profs, Hugo ne serait pas si bon dramaturge qu’il est un grand romancier et un poète ; cette lecture m’avait pourtant fait aimer lire le théâtre, puis ça parle un ado ces histoires d’amour et de cochonneries. Chouette bouquin, though !

côté BD: je fus nourri au grain communiste (je l’ignorais) de Pif et Hercule. J'ai lu presque tous les Tintin, Lucky Luke, Asterix, et un paquet de Gaston Lagaffe.

Les quatre écrivains que je relirai encore et encore :

Camus, Sartre, Kundera (à égalité avec Paroles de Prévert, pour la légèreté de ton et de forme et la gravité des thèmes), et Alessandro Baricco. Les deux premiers sont d’ores et déjà considérés comme des classiques de la littérature contemporaine, le troisième est probablement en train de le devenir, et le quatrième le sera peut-être.

Baricco est un écrivain tout à fait exceptionnel, à mon sens, résolument moderne sans être rébarbatif comme le seraient les grands écrivain du XXe siècle. Il allie volontiers une trame narrative captivante à des digressions presque surréalistes, tout cela conté avec l’immense talent d’un musicien. Non pas que les sonorités traduites de l’italien ne soient pas trahies, mais il demeure un rythme, puis le latin n’est jamais si loin de la langue de Molière. Comme un bon musicien de son époque Baricco compose ses textes avec une ponctuation altérée, telle une partition ouverte aux libres choix de l’interprète. Un artiste.

Les quatre auteurs que je ne lirais probablement plus jamais :

Agatha Christie, James Hadley Chase, Danielle Steel… Un seul de leurs livres suffit. Une seconde lecture n’apporte rien, me semble-t-il — sans vouloir heurter la sensibilité des amateurs. Barbara Cartland ou n’importe quel roman Arlequin — j’avoue que j’ai quand même essayé.

Les quatre livres que j’emporterais sur une île déserte :

En tête de liste figure évidemment le saint Coran, accompagné si possible d’une explication bilingue et bien fournie.

L’œuvre ouverte
, un essai d’Umberto Eco d’une grande intelligence et qui aurait saisi toute la postmodernité artistique. Je crois que c’est un peu grâce à ce genre d’ouvrage que nous disons aujourd’hui que l’appréciation d’une œuvre est une chose toute subjective. Eco postule dans cet essai qu’une œuvre se lit comme le musicien interprète une partition. Il ajoute qu’il existe plusieurs lectures par lecteurs, autant d’œuvres que de lectures, en comparant les galaxie ou les structures mises au jour par la physique quantique à la perspective de l’esthète voyant chaque fois dans
une toile abstraite un réseau signifiant différent ; en cela, il rejoint le système « codal » (néologisme nécessaire) développé à travers l’œuvre de Barthes.

Novecento : pianiste
de Baricco. Un récit aussi court que dense, à tri-chemin :) entre le théâtre, le récit et la poésie. Comme je serais seul sur cette ile, je n’aurais plus besoin de lire Sartre ou Camus. Et puisque j’aurais le temps de me faire chier pourquoi pas prendre un roman de type un-méchant-paquet-de-briques tel À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, qui si l’on en croit Françoise Giroux n’est pas dénué d’humour. Une œuvre monumentale et ouverte à de multiples relectures (c’est conçu pour).

Enfin, Les figures du discours de Fontanier le plus bel ouvrage didactique qu’il m’ait été donné de lire. Plutôt qu’une grosse et insipide anthologie ou un aride grammaire, ce texte procure une joie de lecture surprenante, tout serti de citations classiques ; il est du reste rédigé dans une langue exemplaire. De quoi m'inciter à jeter une bouteille à la mer.

Les quatre livres que je suis en train de lire :

À l’Ouest rien de nouveau, Erich Maria Kramer (dit Remarque en France) ; L’insoutenable légèreté de l’être, Kundera ; L’art du roman, Kundera ; Qu’est-ce que la littérature ? de Sartre.

Sur les conseils éclairés du jeune mais
non moins lucide nababstoun je me suis procuré l'ouvrage de Kramer. C’est le récit d’un soldat vivant l’enfer des tranchées durant la Grande Guerre (appréciez l’emphase méliorative) ; un récit tout à fait moderne par l’emploi du présent et caractérisé par une grande honnêteté dans le ton : loin de l’héroïsme des récits épiques, il n’y a là ni gloire ni courage, simplement de l’humanité, dans tous ses travers et déboires, confrontée à l’horreur quotidienne.

Je ne présenterais pas les ouvrages du célèbre Kundera, mais je ne saurais que trop recommander la lecture de l'exquise réflexion de Sartre sur la littérature. Comment dire ? Il a cela de commun avec Roland Barthes que ses essais sont peu ou prou annotés. Loin des standards académiques, on sent chez eux une véritable vocation pour l'originalité, un investissement bien plus personnel sans que cela nuise à l’objectivité. À l’évidence, au moment où Sartre écrit ce texte, il adhère encore au Parti Communiste Français. Il s’en ressent, notamment dans l’idée fondatrice de l’essai : le matérialisme historique, à savoir que la littérature n’est que le reflet de la société et de ses mouvances, et non plus le résultat d’un génie individuel, voire plus archaïque, le fruit d’une inspiration divine.

Les quatre premiers livres de ma liste à lire ou à relire :

Il est là sur ma table de chevet, en édition originale Gallimard grand format, 21 cm, 495 putains de pages et demi. Et demi! Je ne dirais pas que je m’y suis attaqué. Car, il faut plus. Il faut carrément l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU. L’ogre se nomme Globalia de Jean-Christophe Rufin. Et je le soupçonne d’être la cause directe de mes insomnies.

Suivant les conseils éclairés du jeune mais lucide nababstoun je devrais pouvoir lui emprunter Voyage au bout de la nuit de Céline, sitôt qu'il aura fini sa 26e relecture. Il ne m’a pas convaincu de le lire pendant les heures et les heures qu’il m’en a parlé, l’expression appropriée me semble plus proche de ce que l’on nomme habituellement un « lavage de cerveau ». Je crois même que je commence à me sentir célinien… moi aussi :p

Une chose qui sera bientôt de la plus pressante actualité : la pensée islamique. J’ai découvert par hasard l’excellent essai de Rachid Benzine intitulé Les nouveaux penseurs de l’Islam, publié conjointement en 2004 par Tarik éditions et Albin Michel, mais offert
au Maroc au prix très démocratique de 70DH. Une somme, de qualité académique, et dans une langue qui ne souffre pas le reproche. Il y passe en revue les courants de pensée de la théologie islamique de tous bords avec un net penchant en faveur des réformateurs.

Tous les ouvrages de Jacques Aumont, à commencer par L’esthétique du film (que j’ai beaucoup fréquenté), L’analyse des films (longuement parcouru) et Les théories des cinéastes dont je dispose, mais que je ne me résous pas à aborder en profondeur. Aumont, professeur à Paris III, a rédigé l’essentiel de la théorie cinématographique, faisant la synthèse et le tri parmi tous les écrits sur le cinéma. Dans la même veine, il existe un ouvrage en réédition tout aussi nécessaire ; avis aux intéressés : un essai de Christian Metz, Le signifiant imaginaire, publié initialement en 1977. J’aimerais dire une chose à ces bouquins non disponibles au Maroc : « Vous perdez rien pour attendre! »

Les premiers mots de mon livre préféré :

« Puis-je, monsieur, vous proposer mes services, sans risquer d’être importun? Je crains que vous ne sachiez vous faire entendre de l’estimable gorille qui préside aux destinées de cet établissement. Il ne parle, en effet, que le hollandais. A moins que vous ne m’autorisiez à plaider votre cause, il ne devinera pas que vous désirez du genièvre. Voilà, j’ose espérer qu’il m’a compris. Ce hochement de tête doit signifier qu’il se rend à mes arguments. »

Albert Camus, La chute, 1956.

Pour autant que je puisse le faire, je relis ce livre annuellement.

Les derniers mots d’un de mes livres préférés :

« […] A six heures, le corps du père Goriot fut descendu dans sa fosse, autour de laquelle étaient les gens de ses filles, qui disparurent avec le clergé aussitôt que fut dite la courte prière due au bonhomme pour l'argent de l'étudiant. Quand les deux fossoyeurs eurent jeté quelques pelletées de terre sur la bière pour la cacher, ils se relevèrent, et l'un d'eux, s'adressant à Rastignac, lui demanda leur pourboire. Eugène fouilla dans sa poche et n'y trouva rien, il fut forcé d'emprunter vingt sous à Christophe. Ce fait, si léger en lui-même, détermina chez Rastignac un accès d'horrible tristesse. Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les nerfs, il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée par les saintes émotions d'un cœur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se croisa les bras, contempla les nuages, et, le voyant ainsi, Christophe le quitta.

Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s'attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses: "A nous deux maintenant!"

Et pour premier acte du défi qu'il portait à la Société, Rastignac alla dîner chez madame de Nucingen.

Saché, septembre 1834. »

Balzac, Le père Goriot, 1835.


Avant de clore ce billet, j'aimerais à présent lancer l'invitation à quelques vaillants blogueurs et blogueuses, j'appelle à la barre:

Miss Coucous Poulette ;
Mister Nababstoun ;
Mister Space Cowboy ;
Mister Kusodomo ;
et pour finir Mister Lato Sensu.

Have fun!

vendredi, juin 08, 2007

Typo-tuyaux

Puisque j'ai pas lu une foutue ligne depuis quelques semaines, je n'ai aucune inspiration pour écrire. Il en découle une préoccupation majeure pour l'avenir de mon prochain, et j'ai décidé en toute humilité de rendre un autre grand service à l'humanité francophone et à ma santé mentale. Je ne vous cacherais pas plus longtemps que ma calvitie naissante est due à une action mécanique de ma main, effectuée contre mon grès chaque fois que je tombe (de haut) sur une de ces saloperies typographiques. Non pas que j'ai un tempérament intolérant, mais là ya de quoi:

Ce truquissime machin "!!!" n'existe pas dans les règles de la typographie française. Un point d'exclamation suffit bordel. Alors pourquoi en mettre plein????? et puis merde!!!!

Ce mélange surréaliste "?!" ne signifie foutrement rien. Alors mollo les Dali du clavier! Exclamation ou interrogation, faut trancher.

Un point d'interrogation [?] est toujours suivi d'une espace insécable (raccourci Word: Ctrl+Shift+Espace) de même pour le point-virgule (prononcer "vergule":p), et les guillemets français « ». Contrairement au point d'exclamation [!] qui n'en comporte pas, idem pour la virgule [,].

Lorsque l'interface de traitement de texte le permet on réserve généralement les italiques, à tous les titres, indistinctement : films, livres, journaux, etc. Exception faites des titres appartenant eux-mêmes à un titre générique ; ex. : un chapitre de livre, un article de journal, seront compris entre des guillemets français, sans italiques.

Seul le premier mot d'un titre porte une lettre capitale comme initiale, le reste est en bas de casse. Ex. : La chute de A. Camus. Sauf si le titre contient la conjonction « et » (ou bien « ou ») comme dans Crimes et Châtiments.

La locution latine Et cetera, toujours prononcée "xcetera et xcetera" en France, ne sera jamais suivie de trois points [...], le sens prolongateur de ces derniers y étant déjà suggéré.

Le signe deux points [:] est également suivi d'une espace insécable.


Voilà c'est incomplet mais c'est déjà mieux que rien et puis ça brise la paresse d'écrire en ces temps de changements climatiques intempestifs.


mardi, mai 29, 2007

Humeurs




HUMEUR, subst. fém.
I. Vieilli. Substance liquide sécrétée par un organisme vivant. (Trésor de la langue française informatisé)

Le bas de gamme de la bonne humeur c’est de claquer des mains à l’unisson quand l’orchestre du bar s’évertue à vous décoller de votre chaise. Le haut de gamme de la bonne humeur, c’est quand après deux heures de course à pied, la glande endorphine diffuse de la morphine dans l’organisme et qu’une joie impondérable fasse vibrer le corps et l’esprit : « la perspective de changer le monde » est un thème récurent chez les sujets à cette expérience. Changer de monde ? Entre ces deux extrêmes, les gens s’agitent comme ils peuvent, en quête de plaisir. L’envoutement, l’enthousiasme, c’est le mouvement.

Le désastre bas de gamme, c’est quand votre petite amie nord-américaine s’affole parce que votre compte d’Internet est en souffrance depuis 10 jours ; qu’elle vous persécute jusque dans votre sommeil matinal en vous dressant la facture droit devant vos yeux dans une ambiance mélodramatique limite triller (vécu). Le haut de gamme du désastre, c’est quand un 6 aout 1945 vous recevez un colis aérien répondant au sobriquet de Little Boy, que vous habitiez l’agglomération d’Hiroshima, et que 43 secondes plus tard, tout ce qui a constitué de près ou de loin votre existence est anéanti sur le champ par 64 kg d’Uranium 235 (vécu). Entre les deux, les gens s’agitent autant que possible pour éviter le désastre.

Le haut de gamme de l’existence, c’est le mouvement : aujourd’hui là, demain là-bas, une simple petite carte en plastique, ô combien convoitée, dénommée bien souvent Golden Card, peut transporter son détenteur dans les meilleures conditions au bout du monde en un rien de temps. Le bas de gamme de l’existence, c’est donc l’immobilité ; qui, dans son expression la plus pure, fait correspondre l’inexistence à l’existence dans un état de léthargie extrême qualifié de comateux. Voilà pourquoi humeur et liquidité sont synonymes ! «L’argent fait le bonheur» chantait le groupe canadien Les respectables. Quelle ironie !

Question: Comment se fait-il que l'on conserve généralement ses économies dans une tirelire (tireulireu) à l'effigie d'un cochon souriant ? Clin d’œil coquin à l’humeur testiculaire ? Brillante symbiose sémiologique intuitive à trois termes ?

Synthèse: Le bonheur est cochon.




dimanche, mai 13, 2007

La thèse du choc



En un mot : la thèse du « choc des civilisations » c’est comme on dit en bon latin bull shit!

Pourquoi ? Parce que cela fait partie du syndrome de sarkoze critique, pathologie de l’extrême droite qui ne s’assume pas.

La question qui en découle : Qu’est-ce qu’une civilisation ?

Pour les linguistes : c’est l’apparition d’une langue.

Pour les anthropologues : c’est un intervalle spatio-temporel définissant un peuple ou un ensemble de peuples, partageant une relative unité culturelle, géographique, linguistique, idéologique. À l’évidence, le limites géographiques et l’étendue temporelle doivent être suffisamment vastes. On parle de civilisation à partir de quelques siècles en général.

Or qu’est-ce qu’on nous sert quotidiennement dans les médias occidentaux ? Choc des civilisations, guerre de religions, incompatibilité de l’islam avec la modernité ou avec le capitalisme. Preuve d’une grande ignorance ? Que nenni : Simulation !

Quelles civilisations entrent en choc ? L’Occident et l’Orient ? Qu’est-ce que l’Occident ? Le monde chrétien ? Je ne vois presque rien de commun entre les Russes orthodoxes et les Etasuniens, entre le Nord de l’Europe principalement protestant et le Sud surtout catholique. Parlons de l’Europe actuelle justement qui est demeurée obscurantiste jusqu’aux apports de la civilisation islamique, selon moi fondement objectif de la Renaissance, elle-même constituant la base du monde moderne. Qu’il s’agisse de droit, de santé, ou de science, rien dans le monde occidental actuel n’est dépourvu d’un fondement arabo-musulman. Les religions dominantes en Europe sont elle-même issues de la même zone géographique, et plus ou moins de la même race : les sémites. Toutes prétendent à la même vérité divine, toutes sont monothéistes. Ou se trouve le chiisme ? Il me semble que le seul véritable clivage idéologique se situe dans un axe Est-Ouest, dans des philosophies nettement distinctes du monothéisme : le bouddhisme, l’hindouisme, etc. Dans lesquelles les conceptions mêmes de divinité sont entièrement différentes. Nous autres Musulmans, Chrétiens, Juifs, vivons dans le grand village monothéiste. Nous partageons tout : une histoire commune, la nourriture, la boisson, les valeurs, les ambitions, la vision du monde. Nous sommes comme tous les habitants d’un village sujets à desrivalités temporaires, victimes de guéguerres territoriales ou tribales, mais après tout avec quelques décalages temporaires et quelques nuances, nous vivons la même histoire. L’islam a élevé les femmes au rang de citoyennes à part entière, leur a donné droit de propriété, les Lumières (quelle pompe n’empêche !) ont développés ces droits. Aujourd’hui le monde musulman est influencé positivement par des penseurs occidentaux qui, il faut le reconnaître, le dépassent largement. Je ne vois toujours pas de choc des civilisations. S’il devait exister, il serait révolu depuis treize siècles. Un choc qui perdure près d’un millénaire et demi, c’est un non-sens.

Qu’est-ce que la civilisation occidentale ? Celle d’après ou celle d’avant la décolonisation. Car, à ce jour on ne peut parler de civilisation européenne ou occidentale récente que coloniale — celle qui a perduré quelques siècles. Or quelles furent les valeurs véhiculées pendant cette époque ? Esclavage, fascisme, exploitation, expropriation, tout cela réuni sous le terme très ténu de pacification. À son passage, cette pacification a quand même exterminé complètement quelques peuples d’Amérique notamment. Napoléon a lui-même rétabli l’esclavage, et inventé la chambre à gaz. Si par contre nous parlons de ce très court épisode de l’histoire entamé il y a cinquante ans avec la fin de la Deuxième guerre mondiale, nous n’avons pas encore assez de recul pour parler d’une quelconque civilisation. Il est certain que nous vivons actuellement sous domination anglo-saxonne, plus exactement anglo-américaine, mais d’aucuns annoncent déjà les signes de son déclin. Qu’en savons-nous? Il faut que l’histoire se passe, qu’une « civilisation » déchoit pour que l’on puisse la décrire et la délimiter. Quand à cette illusoire rencontre entre l’Orient et l’Occident, c’est user de termes désuets et incorrects datant de la pré-colonisation, désignant mal des zones géographiques vagues et des cultures hétérogènes ; preuve d’ignorance ou de mauvaise foi.

vendredi, avril 13, 2007

Fautes de langue trop fréquentes

«Suite à» est incorrect. Cette formulation se construit comme «À la fin de»; l’emploi adéquat est donc: «À la suite de», dans tous les cas. On voit plus aisément la faute de sens dans le cas d’une hypothétique construction telle que : «Fin à». Si le rédacteur recherche la brièveté, libre à lui d’utiliser la préposition: «Après».

«Après que» est toujours suivi de l’indicatif, et non du subjonctif; il faut alors éviter: «Après que je sois parti» et le remplacer par «Après que je suis parti». L’indicatif et le subjonctif ont des valeurs différentes. Le subjonctif introduit le doute, l’hypothétique, différent du sens de la phrase qui affirme une action accomplie: «être parti». La confusion origine probablement de la construction fréquente avec le pronom relatif «que», par exemple dans: «Que je sois parti ou non ne change rien». Cela dit, un débat de grammairiens, plus poussé, légitime l’emploi du subjonctif, mais voilà puisque je n’y ai presque rien compris, tenons-nous en aux règles en usage.

«Ceci dit» est impropre. «Cela dit» est la forme juste. «Ci» et «là» sont des mot dont le sens spatial est nuancé, le premier se rapporte à la proximité immédiate et le second à un éloignement relatif. Leur relation est une contradiction. Une chose ne peut pas être ici et , mais ici ou . En revanche, temporellement, ils sont contraires : «ci» et « là » ont respectivement une valeur cataphorique (postériorité) et une valeur anaphorique (antériorité). On dira donc mieux: «écoutez ceci», «Je vous dirais ceci» suivi de [:]; et «Cela dit», «Cela étant dit», «Cela étant».

«Très» s’écrit avec un accent grave parce qu’il se prononce «très» et non comme «trait».

Mise à part la signature d’une pétition contre le commerce des armes à feu en 2003, voilà le seul service que j’aurai rendu à l’humanité.

vendredi, avril 06, 2007

La guerre


Le 22 juin 1941, la Wehrmacht envahit l'Union soviétique. En six mois, 3 millions de personnes décèdent. La ville de Stalingrad est en ruine.















Un jour, la guerre tombe.

Alors que tout le monde se demande pourquoi, elle se fraye un chemin d’évidence que nul ne soupçonne. Que vous l’aimiez ou la haïssiez. La guerre s’installe, la guerre s’instaure. C’est le climat de guerre. Une fatalité.

Ce jour là, la guerre déploie ses tentacules et injecte les venins de la haine mutuelle au point de se rendre indispensable. Les tensions montent tellement que la guerre semble une délivrance. Le jour d’après, elle est en vous, elle est partout. Comme une tension dans le cou, comme une névrose insoignable. La haine. La haine à son comble est la chaise longue de la guerre. Elle s'y prélasse sous le soleil des campagnes pittoresques de votre enfance, dans les plus colorés paysages de votre vie ; elle peint tout, monochrome, dans des nuances de gris, les ténèbres. Mais c’est après.

Avant cela, elle fut de mille couleurs, de la boue, des entrailles des bâtiments que vous ne verrez jamais, et de mille feus, partout le feu. Dans les visages, le feu, dans les âmes, le feu, dans les bras armés. Le monde est en feu, tout le monde crie feu, tout le monde fait feu. C’est l’empire du mal. Les salves sifflent des balles, l’artillerie vrombit, les projectiles tombent les hommes… les enfants, les femmes, les vieux, les chiens, les chats, les édifices de la civilisation. Reste un amas de décombres et de fosses et de ruines. La couleur n’existe plus. La vie non plus. Une fatalité.

Puis, la vie ne reprend pas son cours. La guerre continue et la surenchère commence. Celle de la force de frappe, celle de l’effort de guerre. La propagande bat son plein, et les usines battent le fer. Le patriotisme atteint son paroxysme. La mère-patrie envoie tout à la mort et consacre l’art de la guerre.

Enfin, la guerre s'épuise. Et les réserves et l’économie, et le courage et les effectifs, elle en vient à bout de la haine. La haine est consumée, calcinée dans le feu de l’action. Une fatalité nécessaire.

Ensuite, la douleur, le remords, la culpabilité, la connaissance. C'est le deuil. C’est la trêve. La conscience revient, la faim crie haro, et le bon sens interroge. Était-ce bien nécessaire ?

Était-ce bien nécessaire et pourtant ? Pourtant comment faire autrement ? Quand tout menait vers elle. Rien d’autre n’était possible. Tout avait été tenté pour l’éviter. D’un geste de mépris elle avait tout balayé les espoirs, les dialogues, les esprits, la raison. Elle était là au bon moment. Désirable, parée de ses milles canons et de se menaces, de ses insultes et de ses intérêts, et le point de non-retour.


La guerre a bâti toutes les civilisations. Elle fut à l’origine de bien des rencontres entre les peuples. C’est ainsi que se rencontrent les civilisations les plus éloignées. Le commerce n’est qu’un petit détour à cet effet. La guerre, elle, est une rencontre massive, intime, brutale, durable. Inévitable.

Aujourd’hui, il existe un autre moyen de rencontre massive, intime, durable, mais pacifique. Ce sont la culture et la science diffusées par les médias. Évidemment, si les médias sont utilisés prudemment et à bon escient.

mardi, avril 03, 2007

Hard corps


Le prix d'un cellulaire?










Le voici.

vendredi, mars 23, 2007

Internet, culture de masse, mondialisation : trois paradoxes



Le Progrès-recul


Une nouvelle valeur est mondialement partagée : l’authenticité. Or, ce retour éloigne les communautés.
Paradoxalement, alors qu’Internet ouvre une voie vers l’Autre, il instaure aussi le culte du nombrilisme et le repli identitaire. Le sectarisme et l’esprit obtus. Dans les années 1990, nous avons assisté à la naissance d’Internet et de son utopie. Celle du savoir libre, gratuit, disponible instantanément et partout. En même temps cette découverte de l’Autre à grande échelle occasionne une interrogation sur soi ; et par conséquent, une redécouverte de soi ; puis un retrait. Les régionalismes foisonnent, les séparatismes se déclarent des guerres intestines qui font rage. De nouvelles rivalités à la mesure du pouvoir de diffusion du nouveau média apparaissent : celles de la culture, celles des langues. Peu avant les années 2000, les journaux cessent d’être gratuits —sinon un faible contenu— et rares sont les documents fiables, de bonne qualité mis en ligne gracieusement. Internet devient comme la rue où l’on trouve de tout —licite, illicite, bénéfique, perfide— mais où presque rien n’est gratuit.

Effets d’une mondialisation ordonnée par la déréglementation, une ancienne valeur émerge : l’authenticité. Le monde ne cherche plus à changer mais à redevenir ce qu’il a été et qui semble perdu. Loin des baroquismes contemporains, des mélanges, des cultures hybrides numériques/analogiques, des melting-pots, tant espérés après la Seconde Guerre Mondiale, l’avenir se cherche et se réinvente un passé fictif, fantasmatique à souhait mais source de pureté imaginaire et mobilisatrice. Sortes de consensus culturels massificateurs et idéalistes. Qui les plantes, qui la langue, qui l’histoire… l’histoireune histoire.

Comme s’il n’y en avait qu’une. Comme si elle était vraie. Comme s’ils y étaient. Non pas eux! Leur imaginaire oui! Mais ils y sont, mentalement…

Les histoires ne sont que des histoires pour ma part. Anyway!

Déréglementation : multiplicité de conflits d’enjeux variés menés sur plusieurs fronts, que résume si bien la maxime populaire : « Chacun son trip ».


Accélération de l’Histoire


L’histoire s’accélère et le compte à rebours semble enclenché. L’histoire s’accélère, c’est un dogme. Certains y croient, et je crois que j’y crois. Le compte à rebours de la planète est une donnée scientifique ; le soleil va mourir et nous le savons dit Edgar Morin. Curieuse coïncidence de l’histoire de l’humanité que le problème de surpopulation de la Terre survienne au même moment que de nouvelles perspectives de peuplement de l’espace.

Ce compte à rebours, nous l’aurions déclenché, par le progrès technique et la société de consommation. Pire que cela, nous l’aurions amorcé. L’histoire s’accélère car nous progressons et nos progrès nous font progresser plus et toujours plus vite. Nous sommes dans une phase de croissance exponentielle. Au niveaux des sciences et technologies, mais également au niveau démographique. L’avenir nous dira s’il en sera de même pour notre espérance de vie. Mais certains éléments portent à le croire. La victoire contre certaines maladies voraces telle la rage et les infections bactériologiques. Les antibiotiques, véritable révolution médicinale, sauveront des millions de vie.
Et les grandes guerres tueront plus que jamais. Plus que jamais le droit et la démocratie seront mondialisés. Et les explorations vont croissant. Après la Terre, sans transition, commence l’exploration de l’espace. Mais voilà. L’espace s’élargit à mesure que notre connaissance grandit. L’échéance de notre planète accourt alors même que nous améliorons nos connaissances scientifiques et technologiques ; ces éléments étant liés par causalité. Le savoir relatif individuel qui a crû pendant des siècles connaît une cruelle décroissance. Aucun scientifique, dit le paléoanthropologue Yves Coppens (interview à L’express), ne peut s'informer de toute les sciences et découvertes de son époque aujourd’hui, chose qui était faisable au début du 20e siècle. Selon lui, en lisant quelques parutions on pouvait avoir une idée générale de notre épistèmê. En même temps, surgissent des superstructures intelligentes telles les réseaux d’ordinateurs de calcul, les recherches collectives, et l’industrie multinationale. Choses impensables avant l’ère du numérique et des télécommunications.


Convergence des extrêmes


La révolution numérique transforme notre mode de vie, notre emploi du temps, notre occupation de l’espace, nos schémas mentaux, nos connaissances. Nous pouvons archiver presque infiniment et plus nous développons notre capacité de stockage plus l’espace requis à cet effet tend à diminuer. C’est à se demander si un jour on pourra archiver tout le corpus culturel et historique de l’humanité dans un grain de riz. Bien que la simplicité de l’encodage binaire soit plus complexe que la graphie traditionnelle. Une lettre binaire par exemple nécessite un octet numérique, l’image et la couleur sont encore plus volumineuses. Et bien que la courbe n’existe pas en infographie, la puissance des ordinateurs actuels permets d’en créer l’illusion. Il n'existe que des points reliés par des lignes droites. C’est ce point là précisément qui me fascine dans l’informatique. Cette convergence de l’infiniment long, lent qui bascule subitement vers l’infiniment vite et reproductible. Cela est manifeste dans les jeux vidéos, dont on sait qu’ils sont extrêmement long à développer, mais sitôt fait, peuvent être modifiés infiniment et dans un temps comparativement très restreint.

Simple exemple : un petit hacker peut s’amuser vainement à briser les codes de sécurité d’une base de donnée importante (ex. FMI, Banque Mondiale, Armée US) durant des décennies, et d’une seconde à l’autre peut y parvenir, et causer monstre dégâts planétaires.

Cette nouvelle dynamique de la convergence des extrêmes est une brutale transformation. Un schéma qui ne pouvait pas exister avant l’ère numérique. Évidemment certains progrès techniques et scientifiques relativement récents ont permis des accélérations assez promptes, mais jamais à ce point subites. Je pense au pétrole par exemple. En revanche, ce qu’à permis l’informatique contrairement à toute autre invention précédente, c’est de multiplier l’intelligence humaine et sa capacité de recherche, et malgré tout de diffuser à grande échelle un grand nombre de connaissances et d'informations, sans compter son potentiel communicationnel.

L’Ouroboros, ou serpent se mordant la queue, a longtemps été symbole de la continuité de la vie, du cycle mort-vie. Mais voilà pour faire une image facile, il semble manger plus vite qu’auparavant, sans avoir le temps de se régénérer, au point de s’autodétruire.

Évidemment cette vision un peu sombre ne plaira pas à tous, mais les problèmes environnementaux ne font plus de doute comme dans les années 1990. Et les solutions même les plus radicales ne résoudraient rien aux problèmes qui nous attendent au courant du siècle 2000. Et pour finir sur une note optimiste pensez à acheter un petit lot sur Mars pour vos arrière-petits-enfants, mieux vaut être prévoyant, et puis sait-on jamais, l’Ouroboros aura peut-être une évolution différente de celle qui est prévue. La possibilité de vie sur Mars n'est pas une élucubration théorique, ni une vue de l'esprit, mais bien une perspective certes théorie, mais potentielle.


vendredi, mars 16, 2007

Histoire de fous

Le psychologue voit des fous partout, le littéraire commente "ça s'explique", le philosophe s'interroge "qu'est-ce que la folie?" et le journaliste titre "la folie ambiante", quand le poète chante "douce folie".
Shakespeare synthétise: "Quelle pitié que les fous ne puissent parler sagement des folies que font les sages".



La coke c'est l'alcool du riche, le shit c'est l'alcool du pauvre... Tout n'est qu'alcool en somme.

jeudi, mars 01, 2007

Du bon usage de la farine


(Cette image détournée de son sens initial m'a été offerte par une librarie qui traite d'un sujet qui me plaît : l'abolition du système scolaire. Avis aux intéressés: La Petroleuse)

J'aimerais proposer un sujet qui fait souvent débat et qui me tient à coeur. Ils sont haïs partout. Que ce soit ici ou là-bas. Déshérités, ils n’ont plus de culture propre. Orphelins, ils n’ont plus de peuple. Il s'agit des Beurs, des Blacks, de la "racaille" chère à Sarko. Le Pen eût dit "Exterminons!" sans le passé shoah-connection de la France. Villepin a dit "Précarisons", une façon respectable de tirer profit d'une situation indésirable, Sarko dira "Nettoyons", et plus tard "sélectionnons" plutôt que nous ne "subissions", paradigme nazi en fin de compte tout juste édulcoré.
Perso, j'appelle ça une pénurie de candidats viables. À gauche une candidate certes gauche, on ne peut plus gauche mais que tout le monde trouve trop à droite. À droite un énergumène quasi-fascisant sarcastique et déséquilibré, que tout le monde juge dangereusement assoiffé de pouvoir, enfin un candidat dit de l'extrême centre, au point de n'avoir aucune place.
Signe des temps, la droite emboîte le pas à l'extrême droite, et la gauche à la droite.
Le monde se radicalise et les tension montent.
À moins de ressusciter Miterrand, il reste le surprenant Chirac pour sauver la mise comme il l'a fait en 2002, avec le soutien conditionnel d'une population outrée.

Revenons à nos moutons.
Partout on entend dire “ce sont eux les violeurs, les violents, les voleurs, les trafiquants, les illettrés” en un mot “ils refusent de s’intégrer”, et c’est dans leur nature. Enfin faut bien trouver une explication. Et puis, s’il s’agit d’Arabes et de Nègres on va pas passer l’après-midi à essayer de comprendre. Qui s’intéresse aux balayeurs et aux éboueurs?
Je ne redirais pas la liste bien fournie de préjugés, d’insultes concernant ces ethnies car, la question importante selon moi c’est: Pourquoi l’immigration africaine en France est-elle un échec? Est-ce la faute d’Hercule qui a séparé les deux continents? La faute au soleil peut-être qui nous frise les cheveux et nous fait trop noircir? Pauvre de nous. Pauvre de nous! Comme j’aurais aimé être blond, voire plus que blond, blond platine comme un suédois et blanc comme la neige, il n’y a que ça de vrai! Les autres peuvent aller se rhabiller, ou se jeter à la mer. C’est ce qu’ils font d’ailleurs, preuve qu’ils voudraient être blond platine et blancs comme neige. Michael Jackson avait donc tout compris. Demain j’achète mon stock de farine et je pointe au consulat français, ils trouveront rien à dire, clair! Ils me prendront pour un des leurs, un de vrai. Et un truc pour défriser les tifs et de l’eau oxygénée, dans deux mois je suis suédois plus vrai que nature. À tous les Black et Beurs de France, intégrez-vous bordel, achetez de la farine!
Maintenant rapidement, mes modestes arguments:
En Belgique, c’est les Rebeux qui font toutes les gaffes. En France, ils partagent ce titre avec les Blacks. Au Canada, les communautés marocaine et chinoise étaient les mieux intégrées avant le 11 septembre. Alors que les Libanais s’intégrent très bien partout dans le monde, depuis l’exode dû à la guerre civile, en Australie, ils sont haïs comme les Beurs en France. Où sont considérés comme des voleurs, des violeurs, et des casseurs. En Amérique du Nord, les Noirs sont souvent les plus mals perçus. Dans tout quartier Afro-américains, on reconnaît les gangs de rue aux couleurs qu’ils affichent, etc. Phénomène qui n’existe pas en Afrique qui contient pourtant des centaines de millions de Noirs.
Donc si c’est pas génétique et naturel qu’on m’explique pourquoi on démonise systématiquement ces communautés en difficulté au lieu d’en prendre soin comne on le devrait? À Clichy (lieu initial de la Révolte des banlieues) il n’existait pas un seul maudit commissariat. Ces populations ne demandent sûrement pas mieux que d’accéder elles-aussi au bien-être et au confort. Qu’on ne vienne pas me dire que les gouvernements concernés font tout leur possible mais que et que et que... Bien au contraire, je soupçonne les gouvernements concernés d’entretenir malicieusement la précarité de ces communautés, car tout confort pour les uns nécessite l’exploitation des autres. Qui va faire la vaisselle après un banquet? Qui va laver les chiottes après une orgie? C’est comme le travail au noir, jusqu’à un certain point ça stimule l’économie car, cela donne plus de marge de manoeuvre aux entreprises.
Faut-il vous le dire mille fois: si vous n’êtes pas encore farinitiés, enfarinez-vous, diantre!
Vous connaissez la devise: Liberté, Égalité, Farinité. La farine, c’est la liberté.

lundi, janvier 22, 2007

Dernier inventaire avant liquidation(***)


La dimension qui manque outre-Atlantique est celle du temps. L’Amérique est généreuse en espace, elle a su faire sa place… Soit, au prix d’une centaine et demi de millions de victimes (aménagement de l’espace vital, paraît que ya pas meilleur fertilisant pour la terre que des cadavres amérindiens, mais ça c’est Madame Smith ça) quelques dizaines de millions d’esclaves déportés (migrations de la main d’œuvre qualifiée/Offres d’emploi) des millions de morts pendant le trajet (sélection naturelle), mais bon ça valait le coup, regarde! on va tous pouvoir aller s’installer sur Mars en famille, à cause. Et puis il y a Madona (oui elle revenue avant son fils bandes d’ignares en terre promise en prime), et Stallone (dit le cerveau), et Schwarzenegger (le bras de fer, il t’éclate Stallone avec son petit doigt à crotte de nez), et Madame Smith (la matrice économique: la mère de l’économie moderne), et Boys to Men putain! (le boyz band qui a niqué les Beatles et Pink Floyd). Tant de contributions au savoir et à la culture universelle; on pourra même aller bronzer sur la lune avec Armstrong, célèbre flûtiste de Blouse (parce qu’il fait un tantinet frisquet la nuit lunaire, mais il s’est tellement plu qu’il est resté là-bas paraît; en tous cas il devenu tout noir, donc ça bronze trop bien là-bas)! Tu te rends compte? Arrêtons de faire chier l’Amérique! Elle fait son devoir: lutte contre les Cocos et les Viêt cons, et le terrorisme par les neo-cons, assure la paix et la prospérité des peuples en général et de l’Amérique du Sud en particulier… Donne le bon exemple aux pays endéveloppés. Démonstration: Regardez-les les Brésiliens, pas un seul de ces crasseux n’est foutu de porter autre chose que du Nike® (® pour Respect). Bref, en Amérique, il y a de l’espace et de l’abondance. Par conséquent il y a la paix, abondamment. Et surtout (chut!) y a pas un chat noir à la maison blanche, sauf Colline Power mais bon avec un nom comme ça il ira pas bien loin; Le Temps géologique ça s’appelle! T’en connais toi des collines qui gagnent un 110 mètres haies ? Non ? mais c’était une métaphore, une Métaphore. Bon okay ! des Noirs, il y eût Carl Levis. Mais toute façon Levis c’est juif. Comment ça et alors ? Alors c’est moins grave! Toute façon Colline, il est dans la même cellule que O.J. Simpson à l’heure où je vous parle, parce qu’on lui a collé les armes de destructions massives sur le dos, un peu lourd non ? FAUX! dit la maison blanche, Subtilité politique. vrai ? Il l’aura cherché! La puissance d’une colline, ça s’appelle un oxymoron ça monsieur. Va méditer ça au trou t’as toute l’éternité devant toi.

La dimension qui manque en Afrique et en Europe est celle d’espace. L’Histoire y est multimillénaire, les contes et légendes depuis la Grèce Antique c’est-à-dire le vrai de chez Vrai® début de toute la Civilisation, science, savoir, et chanson française incluses. Regardez les Arabes, ils ont pas apporté du cumin en Wallonie ? C’est très très bon pour la digestion le cumin. Vous imaginez vous tous ces belges en train de péter en cœur après la fête de la Bière ? Ce serait le plus grand désastre écologique. Peut-être l’éradication de l’espèce humaine, des variations climatiques comparables aux grandes glaciations, pourtant on a pas les couilles des dinosaures que j’sache; les leurs sont N fois plus grosses. Conclusion faudra N fois moins de froid pour se les geler. Ils me font rire les écolos, remerciez-les, bon dieu, ces musulmans pour toutes les tonnes de cumins exportés depuis des siècles… de dieeeeu!!! Et le zéro putain! Avant les gens savaient pas dire « je te dois rien » mais avec le zéro ils peuvent dirent légitimement « je t’emmerde, je te dois rien! ». Une contribution comparable à l’introduction du Coca-cola dans le monde… Eh oui qu’est-ce que tu crois ? Le coke ça donne des gaz, le cumin les enlève ; ça s’équilibre. On appelle ça des « équilibres budgétaires », ou bien… ou bien, à une tout autre échelle comparative : des « avantages comparatifs », fondement du libre-échange putaaaaaaain!! Mais bon je ne veux pas me lancer dans une démonstration trop pointue et jargonnée, cette conférence ne s’adresse pas qu’à des spécialistes. Mais c’est bien de faire un peu dans la vulgarisation des fois, j’en suis conscient. Mais il y pas d’espace par ici. En Europe, en Afrique, l'évitement n'existe pas. Alors quand ça pète, ça sent se plus fort : regarde la 2e GM® (le nom de la guerre a été repris puis déposé comme brevet au profit d’un fabriquant de chalands alliés, aujourd’hui il fait des 4x4… Respect!). Regarde les chambres à gaz d’où ils venaient les gaz tu crois ? Moi je m’en souviens de la 2e GM comme si j’y étais. C’est là qu’un obus à ricoché sur ma boîte crânienne et m’a fait un brin de dommage cérébral.

Ici on peut distinguer à travers moult moult procédés complexes que l’on appelle l’anamorphose subliminale le portrait du Grand Roi des Cocos dont le nom réel demeure à tout jamais secret, seulement connu, sous le pseudonyme de Che (contraction elliptique venant du français : « ché pas quoi »).Cf. Last paragraphe.



Le problème c’est l’Homme. Il est imprévisible et capricieux. C’est pourquoi on note scrupuleusement les présences à la Mission Française : contrôler le temps. Pas une heure de ta maudite journée n’est inconnue. Comme ça s’il y a des apprentis Al-Qaeda qui veulent faire péter une chatte avec un mammouth — méchant gros pétard— dans le minou à la cours du lycée, ils sont tout de suite identifiés, redressés ; Action/Réaction. C’est Monsieur Behavior un graaand scientifique du 19e (à paris) qui le dit. Il connaît ça les mammouths lui. C’est comme ça que ça marche l’économie mondiale. Il faut les prendre au berceau les saletés de mioches.

(Fig. Sales mioches embriquadés, trouvant, malgré tout, le moyen de faire le mur; ci-là)


De connivence avec les partisans ouvriers de Madame Smith (chéfesse du parti ouvrier ultra-monarchiste Ztazni [=american in arabic] jusqu’en octobre 1985), les écolos ont mis au point dès après la 2e GM un système organisationnel de gestion fortement inspiré de la logistique des camp d’extermination : la Récupération. Alors par exemple, alors que les Cocos et Soviets du Parti Pink Floyd (dit PPF ou PF pour les membres : parti national-socialiste anglo-soviétique) mettent au point une propagande bien orchestrée, dotée d’images et de messages subliminaux (All In All You Are Just Another Brick In The Wall, comme si on savait pas déjà) de chants patriotiques prônant les même perversions sociales par une subversion/inversion des valeurs et des mises en marge (cherche pas à comprendre c’est un truc de sémioticiens ;) Alors Madame Smith a dit « Basta! » (texto, car son grand-père était gardien de but Brésilien) et elle a acheté des tas de bateaux à Green Peace pour l’acheminement de la marie-jeanne en Asie pour contrer le péril jaune et le péril rouge d’où la guerre de Corée et plus tard la guerre du Viêt-Nam (selon l’unanimité des experts, c’était pas de la bonne). Faisant le compte des écolos étant eux-mêmes très concernés par le thème de la conservation de la culture de la marie-jeanne [priorité No 1 selon les spécialistes, Green n'étant qu'une altération euphémique de Grass]. Madame Smith avait aussi envoyé un cahier des charges en Jordanie pour sous-traiter une mesure de contre-propagande ayant pour fin de contrecarrer les messages du PPF anglais. Il s'organisa parallèlement sous son égide une véritable chasse aux sorcières aux Ztazen [= America in Arabic car, c'est bien connu, les Cocos n'épousent que des sorcières. Voilà qui explique l'existence de Harry Potter en Angleterre, auquel la célèbre biographe et historienne JK Rowling (car elle roule bien les oinjs et c'est de famille) a consacré la totalité de son oeuvre. Ce fut pendant le mandat de Nik-son (fils du niqueur), élu par son peuple car il était le meilleur chasseur de sorcière de l'Ouest. Enfin, la guerre froide dût son nom à l’état de la marchandise à sa livraison en URSS : froide, humide, en un mot infumable! Faut comprendre. En vue d’arrêter les livraisons de cette camelote par tous les biais, ils érigèrent le fameux mur de Berlin. N’est-ce pas une «honte» de voir exporter si mauvaise came ? D’ailleurs, c’est le même problème entre les juifs et les arabes de Palestine: c’est pas de la bonne La preuve par l’image (Cf. doc. ci-ici); pour la même raison les Canadiens n’ont pas exterminés tous leurs Amérindiens et se sont entre-niqués et même que génétiquement ça se voit: c’est la Pax-Mari-Juana, la paix du calumet si vous voulez.

Respect!







All In All You Are Just Another Brick In The Wall

Le plus sombre et emblématique exemple des moyens propagandistes employés par le PPF pendant les temps forts de la guerre idéologique. Le contenu latent de ce texte visuel reste indéchiffrable jusqu'à nos jour...






Là, une entreprise jordanienne (Heineken®) de récupération de concepts et de contre-propagande reprend à son compte les principales idéologies et principes moraux du PPF (eux-mêmes dérobés dans les ouvrages de Madame Smith). Heineken: contraction elliptique de "Heineken Lager" (tiré d’une maxime latine de Sénèque ici traduite en arabe : « ici est le Bien »). L'usage effectif de cette installation est encore inconnu, bien que son influence politique réelle ne fut jamais démentie.





(***) Cherche pas le lien avec le titre, c’est juste que y a pas de droit d’auteur sur les titres. Hehe! « Faut bien niquer quelqu'un ou quelque chose, quelque part, non ? » disait Madame Smith. R-E-C-U-P-E-R-A-T-I-O-N les Cocos.

LE CANCRE



Jacques Prévert – (1900-1977)

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne

et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout

les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur

(Paroles)

Voilà donc, petit hommage à grand auteur : digne, humble, fragile, simple, riche. Pour toute référence ultérieure se reporter à l'excellent site japonais consacré au poète (non traduit, eh oui il faut apprendre le japonais). Et comme c'est ma période copie-collée, voici un autre texte tout à fait admirable (pronounce in English) ; une chanson cette fois, très pace. Comment? Non pas de tof de Joe Dassin (t'as vu sa gueule?) mais, juste pour l'agrément, une petite bombe pour récompenser mon seul lecteur et ami, d'avoir tenu jusqu'au bout. Elle s'appelle Ruth, elle est porn model (cherche pas c'est intraduisible), elle est comme dirait Prince The Most Beautiful Girl In The World. Enjoy! Pour toute info complémentaire contacter le site web qui l'héberge.


LE SERVICE MILITAIRE
Paroles : Pierre Delanoë et Claude Lemesle, musique : Sanderson

(interp.: Joe Dassin)

C'est un plaisir d'aller au service militaire.
Chacun sait qu'à vingt ans on n'a rien d'autre à faire
Que c'est le pied de marcher comme un métronome,

Que c'est la discipline qui vous fait un homme.
C'est sur le quai de la gare
Un festival des mouchoirs,
Au revoir, au revoir -
C'est le chant du départ, et

Va, petit soldat, va, tu seras caporal.
Ras le bol, mais ne râle pas,
Papa a le moral, comme avant guerre.

Tu vas apprendre à démonter les mitraillettes,
À tuer le temps dans la bière et les cigarettes,
À ramper dans la flotte comme un crocodile -
Autant de choses utiles dans la vie civile!
Et à claquer des talons
Devant le moindre galon.
Mon colon, mon colon,
Nous nous régalons, et


Va, petit soldat, va, tu seras caporal.
Ras le bol, mais ne râle pas,
Papa a le moral, comme avant guerre.

Quand tu auras fini ton service militaire,
Tu échangeras de souvenirs avec ton père.
Vous parlerez de mêmes filles, de mêmes cuites,

Et dans vingt ans ton fils te racontera la suite...
Tout le monde sera content,
Vous direz c'était le bon temps,

Et pourtant, et pourtant,
Qu'est-ce que c'était chiant, mon adjudant -

Petit soldat, va, tu seras caporal.
Ras le bol, mais ne râle pas,
Papa a le moral, si tu ne l'as pas!

Petit soldat, va, tu seras caporal.
Ras le bol, mais ne râle pas,
Papa a le moral!


Voila. De quoi faire bander un eunuque!

dimanche, janvier 21, 2007

vodkas toniques



compter jusqu’à 10…

compter jusqu’à 10…

et ouvrir la porte

compter jusqu’à 10…

compter jusqu’à 10 et écrire

ouvrir l’ordinateur et écrire

compter jusqu’à 10…

compter jusqu’à 10…

et ouvrir la porte et sortir

ouvrir l’autre porte

celle de la salle de bain

ouvrir la bouche

ouvrir la bouche et gerber

gerber toute la merde

dégueuler mon ventre

ensuite rincer la bouche

rincer la bouche et écrire

compter jusqu’à 10…

ou ne pas compter

simplement fermer les yeux

fermer les yeux

fermer les yeux et reposer

reposer en paix

reposer en paix

reposer la tête

reposer la tête sur l’oreiller

et reposer en paix

décomposer ensuite

décomposer ce corps

ce corps lâche et le passé

décomposer le passé

le passé dont je suis partie

une partie de l’oubli

compter jusqu’à 10…

ou ne pas compter

ne plus compter

ne plus compter sur rien

le mot gin me fait gerber

prononcer le mot gin

compter jusqu’à 10

ou ne pas compter

ne plus compter sur rien

que sur l’oreiller

sur lequel repose ma tête

et mon âme en paix

ne pas compter

ne rien faire

ne plus rien faire du tout

ne plus rien faire que ce que corps lâche

que ce que corps lâche décide


décède


décide


décède



Illustration sous forme syntagmatique de type avant/après; d'après l'oeuvre du Caravage (Caravaggio) (ci-dessous).

mardi, janvier 16, 2007

Petite philosophie du kitsch



Le kitsch ? c’est la station de correspondance entre l’être et l’oubli.
Kundera



L’essence du kitsch réside dans le concept de similicuir. Les états-uniens toujours moins subtils disent Fake. Enfin, mais le fake n’englobe pas tout le kitsch. Bien qu’il y ait du fake dans le kitsch. Imaginons qu’un beau jour la mode décide d’imposer, au lieu des marques renommées, leurs imitations. Le nec-plus-ultra du raffinement consisterait à débarquer dans les lieux in de la ville dans un survêt imitation Adidas, bien plouc à une autre époque. Mais à bien y penser finalement tout aussi laid que l’original. Le kitsch c’est donc l’équivalence des extrêmes. C’est faire tabula rasa de nos goûts, de nos subjectivités. C’est relativiser tout ce qui est proprement humain et l’élever au rang d’artefact. Le réhabiliter ; en fin de compte, le seul génie de l’être humain n’est pas d’avoir inventé le goût mais d’avoir seulement inventé. Artefact : création artificielle. Voilà donc l’essence de l’art que célèbre à sa manière le kitsch. Les poètes décadents introduisirent une esthétique de la déchéance, de l’effroi, les parnassiens, le registre précieux et le culte du Beau, les symbolistes, l’exotisme et la musicalité. Seul point commun possible : l’artefact. Le kitsch est donc essentiellement artistique, l’essence de l’art même, en ce sens qu’il procède toujours de l’écart entre un classicisme et une avant-garde. Le kitsch, parce qu’il est de mauvais goût, surprend toujours. Cette surprise est la mesure de la création. En science l’artefact désigne une erreur humaine ou un effet indésirable, tandis qu’en art, l’artefact est un absolu, une fin en soi. Artefact regroupe sans distinction , œuvres d’art, artisanat, industrie. Tout comme l’histoire de l’art s’intéresse sans discrimination à un vase antique ou une peinture rupestre, un monument architectural funéraire ou un texte, où tout devient art.